Du champ à la table : un maillon essentiel

Un défi immense
pour les entreprises
agricoles

Travailleur étranger :
mythes et réalités

450 000 plants de laitue et un peu de politique
Diffusé le 02/09/2015 – À voir sur ici.radio-canada.ca

[ Patrice Roy rencontre Clermont Riendeau, du potager Riendeau, l’un des plus gros producteurs maraîchers au Québec. ]

Le saviez-vous ?

Un défi immense pour les entreprises agricoles

De nos jours, il est devenu extrêmement difficile voire impossible pour une entreprise agricole de combler ses besoins de main-d’œuvre sans faire appel aux travailleurs de l’étranger. Les difficultés rencontrées par les entreprises sont parfois sérieuses au point de conduire à des impasses. Certaines entreprises se voient forcées de réduire momentanément leurs opérations, tandis que d’autres doivent interrompre leurs projets d’expansion.

Partout au Québec, les travailleurs locaux ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande incessante des employeurs. Depuis les années 80, le problème du manque de main-d’œuvre agricole ne cesse de s’aggraver. Elle est tantôt insuffisante, tantôt carrément absente. On ne se bouscule pas aux portes pour obtenir du travail dans les champs : les offres d’emploi ne trouvent pas preneurs.

Comment expliquer un tel phénomène ?

  • Un travail ardu et exigeant physiquement

  • La dévitalisation des régions rurales

  • Un déplacement de la main-d’œuvre vers les milieux urbains

  • Un désintérêt de la population active pour le travail de la terre

  • Des emplois pour la plupart à caractère saisonnier

  • Un problème démographique persistant

Travailleur étranger : mythes et réalités

Il n’est pas facile pour un travailleur étranger de quitter ses proches et son pays natal, pendant de longs mois, pour venir occuper un emploi au Québec. Ils le font néanmoins, sachant que leur travail au Québec leur permettra d’améliorer les conditions de vie de leur famille. La capacité d’adaptation de ces hommes et ces femmes est exceptionnelle, ainsi que leur résilience. La plupart d’entre eux reviendront année après année, dans une proportion de plus de 90 %, ils seront rappelés par leur employeur. Plusieurs travailleurs développeront une relation humaine riche et durable avec leur employeur : plusieurs deviendront des amis.

Format-familial

Vivre éloigné de sa famille sept mois par année.
[Sébastien discute avec Roman, travailleur mexicain installé au Québec
7 mois par année, loin de sa famille.]

Une relation gagnant-gagnant

D’une part, grâce à son emploi au Québec, le travailleur étranger bonifie indéniablement la qualité de vie de sa famille dans son pays d’origine. D’autre part, l’entreprise d’ici peut compter sur une main-d’œuvre efficace, fiable et stable et ainsi sécuriser sa production.

C’est particulièrement vrai en agriculture : en plus d’assurer la disponibilité et l’approvisionnement en continu des produits frais du Québec, les travailleurs étrangers constituent un rouage important dans le développement de l’économie de nos régions, en contribuant dans une très large mesure au succès et à la pérennité de nos entreprises agricoles. Sans eux, inutile alors de penser à développer de nouveaux marchés, encore moins à exporter les produits d’ici.

L’existence de la pénurie

Le recours aux travailleurs étrangers demeure souvent l’unique solution viable pour l’entreprise agricole. On ne compte plus les entreprises qui attribuent leur existence, leur survie même, à la présence de ces travailleurs venus de l’étranger.

L’accès à cette main-d’œuvre ne constitue ni un droit ni un acquis pour une entreprise. Il ne s’agit pas non plus de l’expression d’un libre choix ou d’une préférence : le recours à ces travailleurs doit davantage être envisagé sous l’angle d’un privilège : l’entreprise québécoise pourra recruter à l’étranger si et seulement si elle a clairement démontré que ses efforts de recrutement sur le marché local ont tous été vains. Le travailleur étranger ne vient pas au Québec pour déloger un travailleur québécois. Il y vient pour occuper un poste que le marché local du travail n’a pu pourvoir.

Le saviez-vous ?

9 informations à connaître sur les travailleurs étrangers

Information 1


Lors de la réforme apportée, en juin 2014, au programme des travailleurs étrangers temporaires par le dernier gouvernement conservateur, la pénurie chronique de main-d’œuvre a été reconnue et admise dans un seul secteur de l’activité économique canadienne : celui de l’agriculture primaire.

Information 4


Une entreprise doit attendre environ six mois avant que tout le processus soit complété et que le travailleur étranger ne commence à travailler.

Information 7


Les entreprises ne bénéficient d’aucune aide gouvernementale pour le recours aux travailleurs étrangers : tout est à leur charge.

Information 2


Les travailleurs étrangers sont âgés en moyenne entre 20 et 39 ans et proviennent eux-mêmes du milieu agricole

Information 5


L’argent gagné au Québec permet à ces travailleurs d’envoyer leur enfant à l’école, de soigner des membres de leur famille et de contribuer au mieux-être économique et social de leur communauté immédiate

Information 8


Le travailleur étranger temporaire n’a généralement pas accès à la résidence permanente, d’où cette désignation courante de « travailleur migrant ».

Information 3


Certains viennent de père en fils : des générations entières prennent part à ce mode de vie

Information 6


On assiste à un transfert de compétences : les travailleurs réutilisent les meilleures techniques agricoles québécoises dans leur pays.

Information 9


Plusieurs travailleurs dans les fermes du Québec viennent ici travailler depuis plus de 25 ans !